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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 11:37
 

A.G. Du 7 mars 2009

 

RAPPORT MORAL

 

Nous avons aujourd'hui à définir le nouveau bureau de notre association, ce qui imposait une réunion. En même temps, afin que la nouvelle équipe ne soit responsable que de ses propres décisions, il a paru bon d'ouvrir en même temps l'assemblée générale de 2009, même si celle de 2008 ne date que de six mois.

Et donc tout d'abord, un bref compte-rendu depuis depuis septembre 2008. Parmi les activités habituelles il faut citer notre « Prix des Prix » qui, après des mois de lecture, a couronné Là où les tigres sont chez eux (Prix Médicis) de Blas de Roblès, un gros roman baroque fascinant. Malgré des concurrents de valeur, le vote a été quasi unanime.

À présent je voudrais, pour le plaisir j'espère de quelques anciens que je vois ici et pour éclairer les récents adhérents, revenir sur l'histoire de notre association.

Le nom Amis de la bibliothèque  était jadis celui d'un groupe de bons lecteurs qui géraient l'achat des livres à une époque où la bibliothèque était tenue par des employés sans compétences particulières. Vers les années 70, l'arrivée de professionnels conjuguée à la disparition des derniers animateurs avait fait oublier cette association. Or en 1994 (ou 95), il fut question de la restaurer et lors d'une table ronde organisée par Madame Boulet-Decourt, j'ai dû accepter d 'en prendre la responsabilité, sans savoir à quoi cela pouvait servir. Malgré mon amitié pour la directrice, j'ai eu alors l'impression d'être tombé dans un guet-apens. Je me hâte de dire qu'à présent je ne le regrette pas.

De nouvelles activités devaient donc se créer. Après quelques tâtonnements, une équipe d'âges mêlés s'est formée, et nous avons trouvé assez tôt la solution des samedis du livre. Nous alternions les « coups de cœur » et des réunions à thèmes soit sur diverses littératures nationales, soit sur un auteur (je me souviens de Marguerite Duras, et de Stephen King avec un brillant spécialiste de quinze ans). De son côté, Colette Beaufort lançait son atelier d'écriture qui continue de fonctionner. Par ailleurs à cette époque nous avons voulu nous orienter vers des lectures publiques. Ainsi, en 1999, comme la Bibliothèque, dans le cadre de la semaine contre le racisme, présentait l'exposition Tous parents, tous différents du Musée de l'Homme, nous avons collecté, puis lu en public (et même chanté! Serge Largeron nous avait appris Lili) des textes portant sur le racisme, les camps de concentration ou l'esclavage. Nous nous sentions des porte-parole, de la bibliothèque en particulier. Par exemple nous avons lu en public des textes de Pierre Autin-Grenier lors de la venue de l'écrivain, ou concernant l'Égypte à l'époque de Bonaparte lors d'une exposition à ce sujet. Cela imposait pas mal de travail de recherche et des répétitions, et malgré un stage avec la comédienne Thérèse Rimaud, la qualité n'était peut-être pas suffisante pour attirer les foules. Ainsi lors d'une rentrée où nous avons cherché de nouveaux adhérents par une lecture de textes comiques, nous nous sommes beaucoup amusés, mais entre nous.

Les tentatives de nous ouvrir à d'autres publics n'ont pas eu de succès durable. Certes Arlette Bernon a pu organiser plusieurs séances de lecture dans des maisons de retraite, mais au bout d'un certain temps elle a dû arrêter. Pour ma part j'ai cherché, en vain, à créer un groupe de lecteurs lycéens à la bibliothèque (le projet a pu se réaliser ailleurs, dans les classes, avec leurs enseignants ).

C'est en avril 2000, que nous avons pensé à rivaliser avec le Prix du Livre-Inter, notre « Prix Grenette » du nom d'un restaurant place Grenette où nous avons fêté la première fois. Puis en 2003 ce fut l'idée du « Prix des Prix ». Peut-être en raison de la qualité de ces nouvelles lectures, la sélection du Prix-Inter commença à nous paraître décevante et fut remplacée en 2007 par celle du Prix Cévennes qui venait de se créer, portant sur des romans européens.

Il me semble que nous avons à présent atteint un très bon équilibre. Les samedis chacun présente ses choix en toute liberté. À l'automne, au Prix des Prix nous nous imposons la lecture de dix bons romans français. Et nous renouvelons cela au printemps, mais en nous ouvrant sur l'étranger.

Aussi lorsqu'on voit le nombre de romans lus en une année par les adhérents, on peut être étonné. Cette pratique de la lecture, tantôt libre, tantôt imposée (et là à partir d'œuvres considérées comme les meilleures du moment), nous fait tous beaucoup progresser, en nous aidant à comprendre la littérature actuelle. D'ailleurs, en plus de cela nous fréquentons tous davantage la bibliothèque et les librairies. Or, quoi que puissent en penser certains, ce n'est pas là un divertissement inutile. Le roman est en effet un genre littéraire capital. Pour imposer sa fiction, l'auteur doit inventer un mode de présentation et un style qui créent un monde inédit. Le lecteur qui a le plaisir de partager cet imaginaire pratique une gymnastique intellectuelle très enrichissante, un exercice d'humanité. Qui explique peut-être la chaleur de nos réunions lorsque nous confrontons nos opinions avant le vote pour nos « prix ».

On peut seulement critiquer notre petit nombre qui, depuis l'origine, tourne autour d'une vingtaine (avec des départs et de nouvelles adhésions). Mais nos activités pourraient-elles en accueillir davantage? Le samedi, avec une dizaine de participants, comment présenter plus de sept ou huit comptes-rendus? Et lors des Prix, lorsque nous sommes à peu près tous réunis, soit vingt personnes environ, c'est à peine si tout le monde peut s'exprimer. Enfin l'atelier d'écriture réclame que tous les textes soient lus en fin de séance. Comment dépasser un tout petit groupe? Décidément, à moins de d'inventer d'autres activités qui attireraient un nouveau public, il faut admettre que notre association restera de taille modeste.

 

Je voudrais enfin remercier la Bibliothèque, et spécialement sa directrice, membre actif du groupe, mais aussi le personnel de la bibliothèque, et les libraires qui collaborent à notre activité. Ajoutons les journalistes qui en ont toujours rendu compte. Et pour terminer je voudrais prononcer un mot qui me paraît caractériser notre association. Ce mot c'est convivialité.

Jacques Beaufo

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Anne de la Quintardière
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