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26 avril 2022 2 26 /04 /avril /2022 07:36

LE DOIGT
Farah DALIE
 
C’est l’histoire d’une prof agrégée qui enseigne au lycée de Thiers en classe prépa. Née dans une famille d’immigrés, elle a connu la violence de la famille et de la cité. Son amour pour les livres l’a conduite vers la culture et bien sûr à sa situation actuelle, elle se considère comme une sorte de super prof qui doit rendre aux jeunes ce qu’elle a reçu .
 
Un matin, alors qu’elle pense à son prochain cours en arrivant devant le lycée, elle traverse la rue en dehors du passage piétons. Un automobiliste arrive et la klaxonne ; elle lui répond par un doigt d’honneur, sans même le regarder, par automatisme pour prouver qu’elle n’a pas peur.
 
Le conducteur s’arrête et lui demande de refaire son geste, ce qu’elle fait et il lui flanque une forte gifle. Les élèves agglutinés devant l’établissement sont horrifiés et témoignent aussitôt en sa faveur. Elle se rend à l’infirmerie du lycée et décide de porter plainte.
 
Elle pense être soutenue par sa hiérarchie qui se dédouane auprès des services du rectorat qui estiment que ce n’est pas une violence liée à l’exercice de son métier donc pas un accident de trajet et qu’ils ne sont pas concernés.
 
Farah Dalie dresse un plaidoyer sur les origines de la violence, les lourdeurs de l’Éducation Nationale et la couardise de certains membres du personnel, dont les chefs d’établissements, pour qui, l’essentiel consiste à ne surtout pas faire de vagues au risque de discréditer l’établissement qu’ils dirigent et ralentir leur carrière professionnelle.
 
Ce livre, facile à lire, traite avec un certain humour des sujets d’actualité et aborde le féminisme à travers les violences faites aux femmes.

 

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25 avril 2022 1 25 /04 /avril /2022 15:41

PAIN AMER

Marie-Odile ASCHER

 

C’est l’histoire d’une famille d’exilés russes ayant fui la révolution de 1917 et venue s’installer à Nice. Ce roman retrace l’épopée d’une famille fictive mais est inspiré d’une histoire réelle.

 

En 1947 Staline promet aux russes blancs de les amnistier s’ils décident de revenir vivre en URSS. Des films de propagande sont diffusés vantant la belle vie en Union Soviétique.

 

Alors qu’il était cadre supérieur en Russie, le père, Vladimir, occupe en France une place de jardinier qui ne lui plaît évidemment pas. La fille aînée, Marina, vit avec ses parents et ses sept frères et sœurs. Elle a 19 ans et souhaite devenir professeur d’Anglais. Elle amoureuse d’un étudiant en médecine, Marc.

 

C’est alors qu’influencé par la propagande de Staline et les propos enthousiastes de son frère Boris, Vladimir décide de regagner l’URSS où il semble bon vivre et où tout le monde vit sur un pied d’égalité. Ils pourront s’installer où bon leur semble, c’est-à-dire dans leur Ukraine d’origine.

 

Marina ne veut pas partir mais son père l’oblige à le faire et elle ne peut refuser puisqu’elle est mineure (majorité à 21 ans à cette époque). Marina promet toutefois à Marc de revenir en France dès que sa famille sera installée.

 

Le voyage est organisé et offert par le comité de soutien soviétique et commence plutôt bien, mais vire rapidement au cauchemar en approchant de l’URSS pour devenir carrément un enfer à l’arrivée au pays où habitation et travail étaient pourtant garantis.

 

Marina qui croyait pouvoir revenir facilement en France se retrouve coincée et nous décrit l’horreur vécue par toute la famille.

 

Ce roman permet de découvrir un épisode de l’histoire de l’union soviétique qui est peu connue : les promesses d’amnistie de Staline qui souhaite repeupler son pays, l’accueil réellement accordé à ces « retournants » , la vie sous un régime communiste pur et dur.

 

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24 avril 2022 7 24 /04 /avril /2022 13:32

Déradicalisation, la lumière sur le centre de Pontourny

Olivier Chasson, Valérie Andrieux

 

DéRadicalisation, Un mot sur laquelle la langue fourche, à l'heure où chacun a pris l'habitude de donner son avis ou chroniquer sans connaissance réelle des faits.

J'ai beaucoup apprécié ce récit venant de l'intérieur de celui qui a vécu cette expérience.

Un roman vérité écrit par l'ancien directeur, beaucoup de sagesse et de paix en cet homme généreux qui a fait tout ce qu'il a pu et qui continue de penser qu'il n'y a pas de miracle mais que cet investissement néanmoins a été une réussite, il aurait suffi d' un petit coup de pouce et d'un appui sans concession et non un abandon et tant de critiques des uns et des autres.

Ce n 'est pas une mission comme les autres, elle nécessite psychologie, empathie et détermination pas de critiques et de contre ordre.

Tout ce qu'on ressent dans les paroles sérieuses d'Olivier Chasson le sage.

 

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22 avril 2022 5 22 /04 /avril /2022 15:37
Atelier d'écriture 16 juin 
Prix grenette samedi 2 juillet 10h30 /12h30
Atelier d'écriture 22 septembre coups de cœur 24 septembre 
Atelier d'écriture  20 octobre coups de cœur 22 octobre
coups de cœur 19 novembre
Atelier d'écriture 15 décembre coups de cœur 17 décembre 
A bientôt 

 

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8 avril 2022 5 08 /04 /avril /2022 11:38
Made for love Alissa Nutting 
Paradaize Laura Alcoba Mexique
Pamuk Les nuits de la peste Turquie
La clause paternelle Jonas Hassen Khémiri Suède
Paradis Abdulraz Germain Tanzanie
et pour faire plaisir à Colette U
n italien sorti hier Emoji
Giulia Caminito l'eau du lac n 'est jamais douce 
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25 mars 2022 5 25 /03 /mars /2022 09:56

Les naufragés du déluge

Christian Laborie

Un roman qui me fait penser à l'atmosphère de -Pluie- de NG Kim Chew (Chine) que j'avais choisi pour le Prix Grenette.

 

Vous ne verrez plus jamais la rivière voisine du même œil.

Dans cette dystopie, nous sommes en 2060, cela fait longtemps que la pluie se fait désirer.

La famille Jourdan, le père Simon, la mère Lise, les enfants Alice et Jonathan ont quitté la ville stressante et se sont installés à St Jean de l'Orme dans les Cévennes.

Alors que la mère et la fille font les courses dans les galeries souterraines de la ville angoissante d' Alès, à bord de leur voiture pare balles, un orage se prépare, il faut se dépêcher de rentrer.

L’orage électrique se transforme en cauchemar. Le 4X4 et le téléphone ne répondent plus. Il faut pourtant rejoindre le paradis rural qu'est St jean de l'Orme. Un véritable déluge s'abat sur la région.

Pas facile d'accéder à pied à la solide bâtisse familiale...

Les jours passent, il pleut toujours.

Au sixième jour, toujours pas de décrue, la famille doit monter au grenier, tout s'aggrave.

L'humidité monte dans les joints de chaux du mas protecteur.

Des invasions de rats, de loups, de sangliers.

Comment endiguer un déluge ?

Le roman nous entraîne dans les méandres de la rivière, des tourbillons assassins du fleuve.

 

Je ne vais pas spoiler l'histoire, les modes de vie ont changé. Les lendemains incertains sont angoissants...

 

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15 mars 2022 2 15 /03 /mars /2022 10:05

 

 

Cinq jours de la vie d'une femme Évelyne Dress

Un hymne à la vie à mettre entre toutes les mains.

Rien de plus tendre, de plus vrai, de plus délicat qu'un regard posé sur une septuagénaire par une auteure en communion avec une lectrice de cet âge!

 

Une belle respiration pour moi avec Eva, j'entends mes copines me dire -Repose toi, tu n 'as plus vingt ans-  je rage, comme Eva, je suis une esthète, une épicurienne, j'aime vivre, manger, admirer, et pourquoi pas me faire mordiller les fesses.

Une écriture incandescente, magnétique et surtout concise.

En peu de mots, l'auteure montre une fois de plus sa capacité à saisir au plus près de la réalité, les états d’âme d'une femme.

Noël s'annonce déprimant pour Eva, ses enfants l'abandonnent à sa solitude.

Eva ne se décourage pas, elle refuse l'ennui. Après tout, elle a bien droit encore à un peu de dépaysement. Ce sera Biarritz. 

Eva n'est pas du style nostalgique, elle ne renie en aucun cas ses goûts pour le beau, la sensualité et les rencontres qui font le sel de la vie.

Retenir le temps encore un peu, ne pas penser à ce trou noir qui nous attend. Au diable, cette projection, Eva veut vivre, moi aussi, alors je la suis avec bonheur dans ces cinq jours de vie.

Avec Eva, je rêve de passion dévorante.

Une modernité de confession intime pudiquement révélée par la justesse de tonalité des émotions.

Le rythme vibrant des phrases bat la mesure de l'envie de vivre d'Eva.

 

Certes Eva est septuagénaire mais l'arc narratif passionné de ce roman peut virevolter dans la tête de tout lecteur quelque soit son âge.

 

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25 février 2022 5 25 /02 /février /2022 10:07

MON MAITRE ET MON VAINQUEUR – François-Henri DESERABLE


 

Adoubé par l' Académie française, à peine croyable, tout ça pour ça !

Lamentable, les grands hommes me diront que je n'ai rien compris, ça sent l'arrangement entre copains. Il y a tant d'autres bons livres à primer.

Un vrai vaudeville pour le théâtre peut être ?

Une belle écriture, beaucoup de références littéraires mais à part le vol du cœur, ce livre policier-érotico-porno burlesque sera vite oublié.


 

Tina est actrice, fantasque, arrive toujours en retard à ses rendez vous, ou ne vient pas, une personnalité forte et insaisissable, intrigante, et amoureuse de l’amour, elle aime coucher avec des hommes, sans complexe, dès la première rencontre … On pourrait la qualifier de nymphomane. Elle a une passion pour les poètes.  Verlaine, et Rimbaud sont ses préférés.

Le narrateur est son ami, et celui-ci veut absolument lui présenter Vasco, un autre ami.

Dès cette rencontre improbable, elle n’est pas son genre, ni lui le sien, ils tombent follement amoureux.

Cela commence comme une simple relation sexuelle torride. Il travaille à la BNF, lui donne rendez vous dans son bureau, et ils se jettent l’un sur l’autre comme des fous. Pourtant, de cette première prise de contact qui aurait pu rester un simple assouvissement sexuel, va naître un véritable amour, les sentiments sont bien là.

Seulement Tina a dit oui aussi à Edgar, son compagnon, quand il la demande en mariage. Ils ont des jumeaux, elle ne voulait pas trop de la maternité mais estimait que cela faisait partie de la vie. Elle ne remet pas en cause sa vie avec Edgar, mais veut vivre sa passion avec Vasco. Commence alors la classique histoire des mensonges, des rendez vous clandestins, des voyages et autres conférences inventés jusqu'au coup de feu final.

Le juge et le greffier reconstitueront le déroulé de ce drame tragi-comique grâce au cahier de poésies écrites par Vasco.

Ce livre m’a laissée dubitative, le mari la femme l’amant, trame classique, dissimulée dans une farce qui se voudrait intellectuelle, poétique et comique à la fois, je n’ai pas adhéré.

Je pense que ce livre se veut humoristique au second degré, sauf que je n’ai pas pu y trouver la subtilité et la finesse que l’auteur voulait faire ressortir. 

 

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24 février 2022 4 24 /02 /février /2022 10:54

LE VOYAGE DANS L’EST – Christine ANGOT

PRIX MEDICIS


 

Une fois de plus, Christine ANGOT revient dans ce roman sur l’inceste qu’elle a subi, de ses 13 à 25 ans, de la part de son père.

Pour certains, surtout les primo lecteurs d'Angot, un très grand moment de lecture, pour beaucoup, un manque de pudeur. L'inceste, c'est l'omerta. Or Christine Angot oblige le lecteur à regarder en face son intime.

Est-ce que Christine Angot a pris le parti de l'identité de victime dans ses romans ? Beaucoup de questions partagent l'avis des lecteurs.

Peut-on guérir de l'inceste ? Cette fois, c'est admirable de courage dans l'introspection chronologique. Elle a été primée, on est en droit d'attendre autre chose dans l'avenir. A suivre !


 

Fruit d’une des nombreuses aventures extraconjugales de son père, Christine est heureuse lorsqu’il se décide à la reconnaître comme sa fille…Enfin elle a un père et porte le même nom que lui !

Mais à cette joie succède très vite l’incompréhension, . C'est à cette période que commencent les attouchements, les fellations, les caresses et tout le reste.

Au fil des années, elle va se retrouver partagée entre son admiration, sa reconnaissance et ce qu’il lui fait subir. Sans pouvoir se confier à sa mère, la voilà en pleine confusion, coupée en deux.

Est ce normal, ou pas ? Elle voudrait tant  être à la hauteur de ce père brillant intellectuel.

Grand manipulateur, il va lui faire croire qu’il lui rend service pour plus tard, c’est comme cela qu’un père aime sa fille, et puis cela existait chez les pharaons.

De Nancy à Paris, à Tende, à Strasbourg, à Nice, elle essaie de se construire une vie, se marie avec Claude, accouche d’une petite fille Léonore, mais elle va de plus en plus mal.

Elle essaie de porter plainte, se trouve empêtrée dans un flou juridique, renonce, arrive quand même à parler à sa mère, à sa demi sœur puis à la femme de son père.

C’est là que le chapitre devient difficile à comprendre.

Elle a dit non à ces relations contre nature, elle a averti des personnes autour d’elle, mais elle continue à provoquer des rencontres avec son père, à aller dans des hôtels avec lui, à profiter de sa présence, et lui de son corps…Elle a 25 ans, son mari est dans l’appartement au dessous de chez elle, il entend, mais personne ne dit rien.

.

On ne peut pas savoir mais on devine tout de même à la fin du récit que tout est loin d’être clair, apaisé. Comble de la frustration elle apprend que son père est atteint d’Alzheimer… Trop tard pour réclamer des comptes.

Un livre qui nous laisse devant une foule de questions sans réponse.

 

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23 février 2022 3 23 /02 /février /2022 10:18


 

PREMIER SANG- Amélie NOTHOMB

PRIX RENAUDOT


 

Amélie NOTHOMB rend un hommage, plein de tendresse à cet homme qui paraît  si doux, elle endosse d'ailleurs l'habit de ce père pour le faire. Pas de distanciation, elle est vraiment ce père le temps de sa jeunesse. 

La famille NOTHOMB, hobereaux farfelus et fantasques de province, a vécu dans ce château du Pont d'Oye courant d'air pendant 80  ans au fin fond des Ardennes belges. Ce domaine de rêve a été transformé depuis deux ans en hôtel de luxe.

Pierre Nothomb a épousé la grand-mère d’Amélie, et ils ont eu ensemble un fils Patrick, le père d’Amélie, resté fils unique puisque Pierre décède à la guerre.

Élevé par les grands parents maternels dans un cocon bruxellois, Patrick est gâté et chouchouté par la grand-mère, à tel point que le grand père se fâche et trouve que ce petit fils de six ans doit absolument être endurci. Pas de meilleure idée que de l’envoyer pendant les vacances dans la vrai vie, chez l’autre grand père Pierre Nothomb, 13 enfants, avocat, et poète rêveur raté, un grand père démissionnaire qui a bien du mal à s'occuper de sa marmaille issue de plusieurs mariages.

A la grande stupéfaction de tous, Patrick  est heureux dans cette ambiance particulière, il va adorer ces vacances dans cette famille hors norme, mêlé à  la tribu spéciale de ses oncles et tantes vêtus de hardes, qui ont plus ou moins son âge. On se lave à la rivière, on ne mange pas toujours à sa faim mais on y apprend la débrouillardise au goût sauvage, libéré de la tutelle parentale.

Il y retournera à chaque période de vacances, et y découvrira d'ailleurs qu’il ne supporte pas la vue du sang. Avec deux grands pères militaires et une envie de carrière dans l’armée, quel handicap !

Toute une partie savoureuse, concise, pleine d'humour. 

Puis Patrick fera ses études de droit, deviendra consul, j'ai moins apprécié cet aspect de Patrick , jeune homme, qui connaît des débuts difficiles avec sa future épouse, ses débuts de diplomate et la prise d'otage au Congo.

Dommage, dans cette seconde partie, la narration est plus classique. On n'y sent pas l'implication, l'ironie habituelle de l'auteure.

Un livre qu’on lit avec plaisir surtout la première partie où on sent l'investissement de la fille dans la vie de l'enfant et de l'adolescent. Ce qu'elle ne parvient pas à faire lorsque Patrick vieillit. Elle le met à distance. 

 

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