Complément le printemps des poètes
Les lecteurs sont Agnès Trombert, Arlette Bernon, Ghislaine Boyet, Michèle Mandeau, Nicole Poinas, Fernand Médina, Jean-Louis Vey et Daniel Hérold. Les lectures seront accompagnées par Karim Bensalah percussionniste.
Soirées Poésie
Thème : « Couleur femme »
-Le lundi 8 mars 2010 à 20H30 A la Presqu’île Quartier Fontanes à ANNONAY En partenariat avec Amnesty International et
-Le vendredi 26 mars 2010 à 20H30 Place des droits de l'homme à VANOSC En partenariat avec la VANAUDE. Entrée libre
L'annonce M.H. Lafon
Il est difficile de parler de ce roman de façon neutre après avoir écouté les explications de l'écrivain et lu d'autres romans de son crû.
Je ne vous parlerai donc pas du style pudique et sans parole de M.H. Lafon (reportez vous à l'article du blog à ce sujet)
Je vous ébauche l'intrigue :
Paul est agriculteur à Fridières (Cantal). 46 ans et 53 hectares. Annette est plus jeune et mère d’un jeune garçon, Eric.
Elle vit dans le Nord, à Bailleul.
Deux adultes déçus, meurtris que la vie n'a pas épargnés, Paul et Annette qui ne veulent pas finir seul …...... Paul fait paraître une petite annonce, (annonce réellement parue dans le Chasseur Français) que nous fera découvrir lors de sa venue l'écrivain.
Annette y répond. Ils se rencontrent, à Nevers, à mi-parcours…
Ils se plaisent mais tout reste encore à inventer, à composer.
Car il faudra composer, avec les leurs: Eric, l’enfant de l’étrangère,... l'intruse et son fils seront ils acceptés par ces deux oncles propriétaires de la ferme qui ont recueillis Paul et Nicole ?et qu'en est il de cette sœur Nicole qui règne sur ce domaine d’hommes ....
Une histoire d'amour qui se silhouette progressivement avec des personnages que nous découvrons de l'intérieur , au fil des saisons, des gestes répétés , des replis du quotidien où peu à peu se tisse la trame de leur avenir familial.
Avec bonheur, suivons Eric, le jeune garçon fait évoluer l' histoire alors que les oncles qui étaient les piliers de la famille s'effondrent. A lire
JAN KARSKI Yannick HAENEL
IAN KARSKI de Yannick Haenel
Tout le monde a vu Jan Karski le témoin de la Shoah donner son témoignage dans le film de Claude Lanzmann « La Shoah »
En janvier 1939, ce jeune catholique est employé au ministère polonais des Affaires étrangères. Durant la
campagne de septembre 1939, il est fait prisonnier par les Soviétiques puis remis aux mains des Allemands.
En novembre 1939, il réussit à s'évader d'un transport de prisonniers, arrive à Varsovie et rejoint la Résistance au sein de laquelle son frère aîné Marian joue déjà un rôle
important.
À partir de janvier 1940, il prend part aux missions de liaison avec le gouvernement polonais en exil en France.
Fait prisonnier par la Gestapo en Slovaquie en juin 1940, évadé de l'hôpital à Nowy Sącz, il participe ensuite aux activités du Bureau de la propagande et de l'information de l'Armia
Krajowa.
Voir sa biographie sur ce site: http://fr.wikipedia.org/wiki/Jan_Karski
En octobre 1942, il part en mission, sous l'identité d'un travailleur français de
Varsovie, traversant l'Allemagne, la France, l'Espagne, pour gagner Londres via Gibraltar. Il est chargé par la Résistance polonaise de fournir au premier ministre en exil, le général Władysław
Sikorski et aux représentants des autres partis politiques polonais en exil, un compte-rendu de la situation en Pologne, et pour ce, transporte des microfilms contenant nombre d'informations sur
le déroulement de l'extermination des Juifs en Pologne.
La vision de cet homme stimule la curiosité de Yannick Haenel il a essayé dans ce roman d'expliquer le mutisme dans lequel Jan Karski s'est réfugié après la guerre.
Un livre entre fiction et réalité.
Documents à l'appui, l'auteur dénonce le noir de l'extermination des juifs, du pacte de laisser faire des
alliés.
Dans nos rangs, certains s'insurgent et polémiquent « l'auteur n'avait pas le droit de s'emparer de la
personne de Karski, c'est de l'usurpation d'identité »
D'autres aiment et trouvent l' œuvre superbe et édifiante, pour ma part, enfant de l'après guerre, certaines phrases m'ont aidée à dénouer les fils de ma conscience à travers ma construction enfantine..
Claude Lanzmann le réalisateur de Shoah (1985) est ulcéré par la falsification des éléments
historiques et accuse l'auteur de s'être emparé de la personne de Jan Jarski
voir http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/01/25/polemique-autour-de-jan-karski_1296377_3260.html
L'énigme du retour : Dany Laferrière
L
énigme du retour Dany Laferrière :
Exilé au Canada, l'écrivain revient sur sa terre natale après la mort de son père.
Sur l'île d'Haïti reviennent les souvenirs, les sensations, les réflexions.
En quête de ce père inconnu banni par Papa Doc, Dany Laferrière fouille son histoire et évoque les multifacettes de cette île; il retrouve un pays plein de lumière, d'explosions
de couleurs et de senteurs mais aussi de misère, de corruption, de crasse, de violence et de faim.
A travers les retrouvailles avec sa mère, femme de solitude et d'angoisse , "petit oiseau fragile et inquiet" et ses amis connus et inconnus, l'écrivain tente de se trouver, une introspection complexe sur ses racines, les croyances occultes de ce pays et toute son énergie créatrice.
Un livre très vivant dont les poésies du début nous aidaient à respirer mais qui sont aussi bourrées de fautes de
syntaxe.... voulues ou pas ... propres à ce pays peut être …............je ne sais
Casser du sucre sur le dos
« Casser du sucre sur le dos (de quelqu'un) »
Dire du mal (de quelqu'un) en son absence. Les absents ont toujours tort, c'est bien connu. Et nombreux sont ceux dont les oreilles doivent siffler dès qu'ils ont le dos tourné. Dans cette expression, on trouve deux parties intéressantes. Evacuons d'abord le morceau (de sucre) le plus facile 'sur le dos', c'est ce qui permet de faire porter le fardeau d'une responsabilité quelconque à quelqu'un. Et comme ce dernier n'est pas là pour se défendre, c'est d'autant plus facile.
L'explication de casser du sucre pose un problème légèrement plus épineux. Autrefois, non seulement le sucre était un complément alimentaire de luxe (l'expression ne vient donc pas des quartiers pauvres), mais on n'avait pas de belles boîtes rectangulaires contenant des beaux petits morceaux parfaitement taillés et superbement alignés, attendant avec impatience de fondre de plaisir. On disposait plutôt d'un bloc (un pain) de sucre qu'il fallait casser en petits morceaux, au fur et à mesure des besoins.
Tiens ! C'est donc là qu'on casse du sucre !
Mais quel peut bien être le lien avec les méchancetés débitées en l'absence du principal interessé ? Il ne semble pas facile à faire. Duneton indique que, dans le "Dictionnaire de Trévoux", au XVIIIe siècle, l'expression "se sucrer de quelqu'un" voulait dire "le prendre pour un imbécile". Alors le glissement de cette piètre estimation vers "dire du mal de lui" peut se comprendre. De même, on peut imaginer qu'on ait évolué de "se sucrer" vers "casser du sucre", puisqu'il fallait le faire pour sucrer.
Mais malheureusement, rien n'explique pourquoi, dans l'ancienne locution citée par Duneton, il y a cette association entre le sucre et l'imbécillité[1]. casser du sucre est apparue au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle à la fin duquel le complément 'sur le dos' a été ajouté. A la même époque, pour les brigands, cela voulait aussi dire 'dénoncer', probablement par la similitude avec "casser le morceau" qui avait la même signification (alors que maintenant, pour dire la même chose, on "mange le morceau". Peut-être parce qu'on n'a plus besoin de le casser ?) [1] En argot, on dit bien "se sucrer" pour "s'octroyer un bénéfice plus ou moins légitime", ce qui pourrait être facile en profitant de la naïveté de l'imbécile (et on aurait alors un lien, même ténu, entre ces deux termes), mais cette forme n'apparaît que bien plus tard, au début du XXe siècle.
Qui peut m'aider à élucider un peu mieux cette enquête ???
Un roman français Frédéric Beigbeder
Un roman français : Beigbeder
Cette autobiographie commence par l'analyse de la garde à vue de l'auteur qui s'est fait prendre pour usage de
stupéfiant sur la voie publique.
Avec sa bande de fêtards, il fumait dans la rue et se servait du capot d'une voiture pour rouler ses joints.....
Durant ce temps, son frère est promu chevalier de la légion d'honneur, les souvenirs affluent et l'écrivain se penche sur lui même .
Beigbeder était amnésique sur la période de son enfance, il plonge avec sincérité dans ses souvenirs, le petit Frédéric ne s'est jamais vraiment remis de la
séparation de ses parents.
Sur fond de nostalgie des année 1960, une mise à jour de l'homme qui ne s'aime pas, ses relations fraternelles, la déprime de sa mère, l'absence de son père, la déception de ses
amours............. certes Beigbeder est nombriliste et certains redoutaient l' œuvre mais le ton du roman est juste , grâce et nostalgie sont au rendez- vous.
Ce roman nous révèle une humanité différente de l'homme qu'on voit sur les plateaux de TV
coups de coeur lectures ce 20 février 2010 10h30

Ouvrir un bouquin, se caler dans un fauteuil, et se laisser porter par la musique
des mots, laisser travailler son imaginaire...
Quand, aux petites heures avancées de la nuit, après avoir tourné la dernière page d'un livre, je prends conscience de l'heure, je me dis que sans la lecture, j'irais vraiment mal.
La vérité sur Marie : Jean Philippe Toussaint
La vérité sur Marie
Nous avons la chance d'avoir une ou un "conservateur" très agréable et bourrée de talent à Annonay ....
Nous retrouvons « La Marie » de J. Philippe Toussaint que nous avions abandonnée (dans le roman : Fuir) sur l'île d'Elbe aux paysages enchanteurs.
Encore une histoire d'amour contrarié, entre rupture et retrouvailles, un style que notre conservateur trouve magique, des phrases simples , des émotions et de l'humour.
Personnellement, même si l'histoire ne me renverse pas, je constate que J. P. Toussaint possède l'art majestueux de la description et imprime toujours dans mon cerveau des images indélébiles de petites tragédies ou d'humour.
Tout commence dans la touffeur de Paris. Marie est séparée du narrateur, ce dernier voudrait pourtant la reconquérir.......
Celui-ci a déménagé quelques mois plus tôt de l'appartement de la rue de La Vrillière; il s'est installé non loin de là, dans un deux-pièces rue des Filles Saint-Thomas, et a manifestement débuté une histoire avec une autre femme dont on ne saura presque rien hormis qu'elle se prénomme également Marie.
La " Marie" de J. Philippe Toussaint a vécu 5 ans avec le narrateur, ils se sont séparés et celle ci a rencontré quelqu'un lors du vernissage d'une exposition à Tokyo.
3 phases dans ce roman :
- La rencontre de Marie avec J.B de G
Un homme d'affaires Jean-Christophe de G. qui répond en réalité au nom de Jean-Baptiste de Ganay.
Cet homme, l'ami de Marie fait une crise cardiaque et Marie nue et perdue dans cette chambre, enivrée par la grappa, va téléphoner à son ancien amant, le narrateur, afin de solliciter son aide et sa présence.
- Un cheval de course qui s'échappe sur l'aéroport de Narita au Japon
- et un incendie dramatique sur l'Ile d'Elbe
Nous revoici sur l'Ile d'Elbe. La boucle est bouclée. A quand le prochain ??
LES ONZE DE Pierre MICHON
.
Il s'agit de l'histoire d'un homme et d'un tableau. Lui, c'est François-Elie Corentin descendant du Limousin, passé à la postérité, après avoir exécuté ce tableau « que chacun connaît ».
Une toile de grandes dimensions, qui trône au musée du Louvre, où elle aimante ou épouvante le public : « Vous les voyez, Monsieur ? Tous les onze, de gauche à droite... » Robespierre, Saint-Just, Couthon et leurs acolytes, le Comité de salut public au grand complet. « Invariables et droits. Les commissaires. Le grand comité de la grande Terreur. Quatre mètres virgule trente sur trois, un peu moins de trois. Le tableau de ventôse.
On frémit comme si on était soi-même devant ce tableau.
Le roman de Pierre Michon commence par dérouler tranquillement la généalogie dudit François-Elie Corentin mais bientôt la plume de P. Michon se trempe dans l'encre de l'énigme, de la déchéance, de la beauté, de la violence ...
Le grand Jules Michelet lui-même apparaît, aux dernières pages du roman, afin de crédibiliser ce récit.
Nous nous accordons tous sur la beauté du style .
Pour l'histoire, je vous renvoie à ce que nous disait Pline l'Ancien qui avait découvert ce livre bien avant nous
Ce merveilleux petit ouvrage (120 pages environ, édition Verdier 2009) de Pierre Michon, qu'on pourrait qualifier de roman historique, commence par la description d'une fresque peinte en 1750 par Tiepolo à Wurtsbourg en Bavière, et s'achève par celle de la toile du pavillon de Flore au Louvre (allez donc la trouver!), qui représente les onze plus cruels révolutionnaires de 1793. On est passé du bonheur à la tragédie. Le peintre, héros du récit, est un descendant des Limousins transplantés au XVIIème siècle sur les bords de la Loire pour y creuser des canaux. Leur esclavage dans la boue nous permet à présent et en particulier à Pierre Michon (lui-même originaire du Limousin et qui habite en pays de Loire) de jouir de paysages délicieux. La souffrance peut-elle parfois se transmuer en beauté? Ne serait-ce pas là le rôle de la littérature? C'est la visée de cette œuvre au sujet certes pessimiste mais dont les longues phrases sont si séduisantes (on est souvent tenté de les relire à haute voix) que le lecteur est pris d'une constante allégresse.