Et toujours Canada de Richard Ford
~~Hermine nous parle à son tour de Canada de Richard Ford, ceLivre intimiste, fouillé avec des peintures magnifiques aussi bien des sentiments du jeune garçon (15 ans) que du paysage qui l'entoure, un véritable personnage à lui tout seul.
Livre en deux parties très distinctes mais très différentes. Et un passage de l'enfance à l'âge adulte en deux mois. Le temps de vivre un séisme et de s'adapter à sa nouvelle situation de chien perdu sans collier.
Première partie : une famille heureuse ou presque malgré les différences de personnalité du père bel homme sans trop de cervelle, ancien aviateur qui a fait son devoir en bombardant copieusement le Vietnam et de la mère Neeva, petite souris intellectuelle affaiblie émotionnellement par son histoire de fille de parents juifs immigrés lors de la guerre de 1945. Deux enfants jumeaux : une fille Berner et un fils Dell.
Tout au long des westerns on a vu des indiens voler des vaches des grands troupeaux et dans ce livre, on apprend ce qu'ils en faisaient : ils les vendaient aux administrations américaines Air Force ou Rail way grâce à la complicité de quelques fonctionnaires véreux dont faisait partie le père Bev Parsons.
Le Père, être sans grande réflexion se laisse prendre dans un guet-apens, il doit de l'argent aux indiens qui le menacent lui et sa famille. Pour honorer sa dette il ne trouve rien de mieux que de dévaliser une banque dans l'état voisin avec sa femme. Immédiatement reconnus ils sont emmenés en prison et les enfants sont livrés à eux même avant que l'amie de Neeva Mildred ou la protection des mineurs ne viennent les chercher.
C'est l'amie qui arrivera la première, Berner a déjà quitté la maison, Dell est le seul à passer la frontière du Canada avec l’obligation de se confronter à l'adversité d'un monde difficile.
Richard Ford donne de l'épaisseur et de la philosophie à la quête de Dell pour une vie meilleure. Les détails, le lent cheminement dans la pensée de Dell qui décrypte l'attitude de ses parents, de sa sœur, des personnages du roman font pénétrer dans le psychisme du jeune homme. Ses épreuves sont les nôtres. Ses découvertes de la turpitude et de la brutalité des hommes aussi.
Le contexte : La première partie se passe dans le Montana à Great Falls. L'attaque de la banque dans le Dakota du Nord et la deuxième partie dans le Sanskachewan Canada.
L'auteur : « Richard Ford a reconnu : « je n'ai jamais rêvé de devenir écrivain. Écrire n'est pas toute ma vie. Je peux arrêter demain sans problème », insistant sur sa passion pour la pêche, la chasse ou l'envie d'écrire des articles pour la presse. Concernant son style littéraire, il déclare : « J'ai dit, il y a longtemps, qu'à mes yeux écrire sur les choses les plus sombres était un acte d'optimisme. Je le pense toujours. Et puis j'aimerais qu'on reconnaisse que je sais imaginer autre chose que des histoires sombres. Dans mes livres, il est essentiellement question de rédemption, de résilience »
CANADA de Richard FORD
~~CANADA de Richard FORD – ETATS-UNIS (Prix FEMINA ETRANGER 2013)
Notre second Prix GRENETTE 2014 Un roman fouillé qui pourrait être autobiographique d'une vitalité admirable et de scènes d'un réalisme stupéfiant, une conclusion un peu trop banale. Mais c'est aussi cela la vie. Richard Ford a écrit ce roman en deux fois et cela se sent.
Colette l'a lu, qu'en pense t-elle ?
Suite à un hold-up raté de leurs parents pour éponger leurs dettes, des jumeaux de 15 ans Dell et Berneer vont se retrouver livrés à eux-mêmes et le cours de leur vie sera bouleversé à jamais. Ils seront séparés et on assistera à leurs retrouvailles à l’âge adulte et dans des circonstances dramatiques. La fille quittera son frère pour vivre sa vie, le garçon devra assumer un destin qu’il n’a pas choisi (vie difficile dans un coin perdu du Canada) il y sera le témoin de meurtres pour lesquels il n’est en rien impliqué mais dont il sera complice. La première partie est un peu longue par rapport à la suite, on a peu de précisions sur la fin de l’adolescence et encore moins sur sa vie d’adulte. Très agréable à lire, bien écrit, Livre sur le destin et la façon dont on peut s’en sortir.
Et Marie de Vallières ? Que nous en dit-elle ?
Nous sommes à Great Falls, état du Montana, dans les années 60. Bev PARSONS vit là, en compagnie de Neeva, sa femme, et leurs deux jumeaux Dell et Berner. Retraité de l’Armée de l’air, ancien pilote de bombardier, il se reconvertit dans la vente d’automobiles, puis essaie de devenir agent immobilier. Neeva fait des remplacements dans les écoles. Petite vie ordinaire d’une famille ordinaire dans une ville ordinaire, sauf que… Le père trafique de la viande volée par les indiens et la revend à la cantine de l’armée, puis aux Chemins de Fer… Hélas il n’est pas très doué… ses plans foireux s’effondrent les uns après les autres, il envisage simplement de commettre un hold up dans une banque. Comme pour le reste, mal préparée, avec un amateurisme et une naïveté totale, l’expédition va échouer. C’est la prison pour lui et sa femme. Dell et Berner, âgés de quinze ans se retrouvent seuls. La protection de l’enfance doit venir les chercher mais le temps passe… Berner va s’enfuir, laissant Dell partir en compagnie d’une amie de leur mère jusqu’au CANADA, où elle va le confier à son frère, personnage un peu bizarre qui tient un hôtel glauque dans un endroit isolé, sa principale occupation est d’organiser des chasses à l’oie pour des clients américains. Malgré le peu de contact qu’il a avec le monde, Dell va se construire peu à peu, faisant preuve d’un sens aigu de l’observation et de beaucoup de réflexion. Son instinct lui dicte toujours la conduite à tenir. Il arrivera malgré bien des vicissitudes à reprendre ses études.
L’auteur prend tout son temps pour nous raconter le cheminement de ce garçon de quinze ans livré à lui-même dans un monde brutal et impitoyable. J’ai aimé l’accompagner au long de ces 400 pages, le voir se construire et devenir cet homme bien inséré dans la société et respectant les codes sociaux. Le style est simple, aéré, mais contient une belle étude de caractère et une puissante analyse des mécanismes qui font agir les humains.
CONFITEOR de Jaume CABRE chez ACTES SUD
Notre Prix Grenette est attribué à CONFITEOR de
Jaume CABRE – catalan- chez ACTES SUD
Ce très gros roman de 800 pages a un aspect rebutant, dès les premières pages, l'esprit se torture pour comprendre, c'est que le narrateur a Alzheimer et tout se mélange dans ce qu'il voudrait raconter via son ami Bernat à Sara l'amour de sa vie.
Heureux celle ou celui qui persévère. Jeannine y a trouvé d'ailleurs un vrai plaisir à se sentir plus intelligente à la fin de la gymnastique littéraire.
Beaucoup d'émotions dans ce roman qu'il faut lire avec régularité car si vous l'abandonnez quelques jours, tout est à recommencer, est-ce stylistiquement un défi de l'auteur ou la nébulosité du malade qui perd la tête et nous promène d'un siècle à l'autre dans la même phrase.
Heureux celui qui va au bout de ce livre dont on comprend au fil des pages l'histoire des siècles à travers un violon.
Que nous en dit Marie de Vallières ?
Confiteor… je me reconnais coupable… coupable du mal qui règne sur la terre…
Adria, notre héros est un enfant unique qui se sent mal aimé au sein de sa famille, juste apprécié comme enfant surdoué … Le père veut en faire le plus grand humaniste, sa mère le plus grand violoniste.
Un violon, le STORIONI, va l'accompagner et l’influencera dans toutes ses décisions. Sara, l’amour de sa vie, et son ami Bernat en seront plus ou moins les victimes. Pourquoi tant d' exactions commises en son nom ? Mémoire de ceux qui l'ont aimé, Valeur marchande ?
On va suivre ce précieux violon Storioni de sa création à sa vie auprès de ses différents propriétaires traversant l'Inquisition, la dictature espagnole, les guerres, l’extermination des juifs, les camps de la seconde guerre mondiale…
Au moment où sa mémoire s’éteint lentement, Adria va réussir à mettre en page l’histoire de sa famille, il doit bien ce dernier hommage à Sara.
La façon particulière d’écrire de l’auteur met le cerveau à rude épreuve, on saute d’un siècle à l’autre, les personnages se mêlent, s’entrecroisent, une phrase commence et s’achève dans la voix d’un autre personnage d'un autre siècle … Quand on a enfin pris l’habitude de cette lecture, l’histoire devient un peu plus fluide, bien que jusqu’à la fin il faille garder l’esprit et les sens en alerte.
Finalement nous avons aimé le défi que représentait cette lecture et avons reconnu sa grande valeur en le primant PRIX GRENETTE 2014
Prix Grenette 2014
Et le Prix Grenette a été attribué au roman puissant qui ne se laisse découvrir qu'aux lecteurs courageux :
Confiteor de Jaume Cabré auteur catalan édité à Actes Sud
Deuxième ex æquo : L'automobile club d’Égypte d'Alaa El Aswany et
Canada de Richard Ford
et un quatrième Prix à Après l'orage de Selva Almada
Prix Grenette 2014
PRIX GRENETTE 2014
Ce jeudi 26 juin à 16h30 à la Bibliothèque de la Communauté d'Agglomération Parc Saint Exupéry Annonay
Et vers 19 H pique nique dans le parc pour tous les Amis, n'oublions pas fourchettes, couteaux, nappes, assiettes, verres ...........Et de quoi les remplir.
Il vous reste trois jours pour terminer votre lecture et venir partager vos émotions .
-Réparer les vivants de Maylis de Kérangal-
Claude est très émue de nous parler de son coup de cœur -Réparer les vivants de Maylis de Kérangal-
Le jeune Simon est mort au retour d'une matinée de surf, ce cœur humain qui a vécu n'est plus qu'un électrocardiogramme, une vie en pulsations qui peut pourtant donner la vie à d'autres humains.
Chaque vie est évoquée et enchevêtrée dans un beau style rythmé, de fines analyses de sentiments, celle de l'infirmier, de Claire, du chirurgien, des parents de Simon.
Rendez-vous à Fontbelair (Les Noces de soie, tome 3)
Rendez-vous à Fontbelair (Les Noces de soie, tome 3)
Jean-Paul Malaval
Je vous ai parlé des deux premiers tomes des Noces de soie de Jean Paul Malaval.
Dans le premier Silvius Andromas fis d'un paysan ardéchois et d'une éleveuse de bombyx du mûrier est tombé amoureux de la belle Roxane fille d'un riche soyeux lyonnais.
Silvius est intelligent et apprend rapidement les ficelles des divers métiers du textile.
Dans le second roman, Silvius prend des décisions avisées et amorce les bons virages industriels avec son ami Soarès, hélas Roxane n 'est pas bien fidèle.
Dans ce dernier tome Silvius rencontre Appolonie, il amorce un autre changement à la veille de la guerre 14, il s'affranchit de son passé, transforme la magnanerie et revient dans son Ardèche natale. Mais les bruits de la guerre avec les Frigolins mobilisent les hommes par un bel été.
Vif comme le désir de Laura Esquivel
Vif comme le désir de Laura Esquivel
Lluvia narre la vie de son père.
Mexique, Jubilo est né en riant, en grandissant, son énergie d’amour aime arranger les histoires des autres, il tombe amoureux de Lucha la bourgeoise, Jubilo est passionné par les mots et leur possible transmission de l'amour. Il deviendra télégraphe.
Leur enfant meurt !
Lluvia tente de comprendre ce qui a pu détruire une si belle passion.
Un style très attachant pour un roman qui vous prend les tripes.
- L’œil de Pâques - de Jean Teulé
Claudette a aimé -L’œil de Pâques- de Jean Teulé
Un livre qu'elle trouve surréaliste, attendrissant et poétique .
Un crime ! Pas si simple avec cet écrivain!
Le centre du monde est à Calais et la métisse Pâques a les yeux vairons, elle est une beauté solaire autour de laquelle les astres sont attirés.
Claudette ne nous en dira pas plus.













