LA BALLADE de LILA K – Blandine LE CALLET
Clémentine Pépin a lu : LA BALLADE de LILA K – Blandine LE CALLET
C’est l’histoire d’une petite fille qui a été arrachée à sa mère et conduite dans un centre mi- prison, mi-centre de rééducation. Elle est complètement associable, ne parle pas, ne marche pas, ne mange pas, ne supporte pas la lumière du jour et aucun contact. Elle a tout oublié de sa vie antérieure mais n’aura qu’une obsession retrouver sa mère. Progressivement, elle va tout réapprendre grâce notamment au directeur du centre, un personnage original, anticonformiste qui va la comprendre et qui lui promet de l’aider à retrouver sa mère. Ses méthodes peu orthodoxes déplaisent, il sera licencié et remplacé par un autre éducateur qu’elle appréciera. Intelligente, surdouée elle comprendra vite comment procéder pour rendre sa vie supportable et accepter les contraintes. Grâce à cet éducateur qui l’emmènera chez lui tous les dimanches, Lila arrivera à surmonter sa peur du dehors, du contact avec les autres, Elle se pliera à toutes les contraintes et obligations imposées par le centre et réussira à en sortir, sous étroite surveillance . On lui procure un logement, un travail dans une bibliothèque car bien que surdouée, elle refuse les études et préfère ce travail sans intérêt qui lui permettra de faire des recherches sur sa mère. Elle parviendra à retrouver les journaux des années de son enfance et des articles concernant sa mère. Elle découvrira que celle-ci a été condamnée à 17 ans de prison pour les sévices imposés à sa fille, elle se rendra à la prison et y apprendra que sa mère est morte au cours de sa peine. N’acceptant pas cette réalité elle continuera ses recherches et retrouvera un dossier relatant les faits liés à son enfance, elle y découvrira que sa mère s’est très bien occupée de sa fille pendant les premières années de sa vie, ensuite que lorsqu'elle s’est retrouvée au chômage, sans ressources, isolée, ce fut la déchéance : drogue, alcool, prostitution. Elle enfermait sa fille dans un placard pour recevoir ses clients, ne la nourrissait pas, la maltraitait.
Ce récit très attachant se déroule au 22ème siècle, dans des univers très particuliers : d’un côté une ville parfaite, aseptisée, où l’alcool, le tabac, les livres sont interdits et de l’autre, la zone, lieu de violence et d’insécurité où vivent les marginaux, les chômeurs, les étrangers. Dans cette ville idéale tout est encadré, surveillé, il y a des caméras partout, y compris dans les appartements. Tout est programmé : la contraception, la conception, la sexualité, l’alimentation, l’apparence physique, les livres papier sont interdits, tout est numérisé. Ce sont des robots qui assument les taches subalternes. Les animaux sont génétiquement modifiés.
C’est une belle histoire d’amour filial, d’amour inconditionnel, une quête obsessionnelle de la recherche de la vérité. Lila ira jusqu’au bout de ses peurs, prendra tous les risques, surmontera toutes les épreuves pour arriver à son but. Elle retrouvera ses souvenirs d’enfance et les années heureuses quand sa mère lui chantait une ballade. Elle rencontrera l’amour avec le directeur de la bibliothèque qui l' aidera à progresser et lui fera découvrir l’autre aspect de la ville et des humains.
Très beau récit, d’une grande densité, avec une richesse d’écriture incroyable, l’univers décrit est inquiétant, dérangeant, passionnant, il fait froid dans le dos, il y a du suspense et de l’intérêt jusqu’au bout.
La lecture de ce livre m’a passionnée bien que je n’ai aucun goût pour les romans d’anticipation.
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LA PART DES FLAMMES –Gaëlle NOHANT
Marie de Vallière a lu : LA PART DES FLAMMES de Gaëlle NOHANT
Histoire romanesque autour de l’incendie du Bazar de la Charité, cette manifestation de « charité-mondaine », où mourut nombre de femmes et quelques hommes de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie, parmi lesquels la Duchesse d’Alençon, Sophie, la plus jeune sœur de Sissi.
Sur ce terrible et véridique fait divers, l’auteur a créé une belle amitié entre trois femmes, Sophie, Violaine de RAEZAL, et la toute jeune Constance d’ESTINGEL.
Lorsque l’incendie survient, elles se connaissent depuis peu de temps.
Chacune à sa façon brave les interdits de cette fin de 19° siècle, essaie de se frayer un chemin vers la liberté, au milieu des règles si rigides qui dictent la bonne conduite du genre féminin.
Cet incendie, où est morte la Duchesse d’Alençon, a laissé des traces physiques et morales sur Violaine et Constance. Pourtant chacune va se reconstruire et prendre en main son destin.
Violaine, de petite naissance, rejetée malgré son mariage, par la fine fleur de l’aristocratie, va arriver à s’imposer dans le monde par le biais de liens d’amitié et l’abandon de sa culpabilité.
Constance, après avoir résisté au Docteur Brunel, un des précurseurs de la psychiatrie, qui veut, avec l’accord de ses parents, faire disparaître son « hystérie », pour la couler dans le moule de la bonne épouse selon les critères de l’époque, comprendra qu’elle n’est pas faite pour la vie religieuse, et n’aura plus peur de l’amour humain. Duel, enlèvement, religiosité, mondanités, règles de savoir-vivre, nous avons une belle analyse de la société de cette époque.
L’auteur a su mêler subtilement tous les ingrédients pour créer une merveilleuse histoire, sans tomber dans la mièvrerie, on s’attache aux personnages, elle nous tient en haleine jusqu’à la dernière page.
l'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage
Après le succès mondial de la trilogie 1Q84, un nouveau roman d'Haruki Murakami que j'ai lu avec plaisir : l'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage. Un déphasage de culture avec des esprits, des fantômes, un mélange de factuel et de spirituel. A Nagoya, Tsukuru Tazaki vit ses premières années au cœur d'une bande d'amis très complémentaires, chacun porte dans son prénom une couleur Rouge, Bleue, noire sauf l'incolore Tsukuru. Subitement, il sera évincé de ce groupe et il s'en laissera presque mourir jusqu'à l'arrivée de Sara à qui il tient, il partira à la recherche de ses amis pour essayer de comprendre.
Bérézina de Sylvain Tesson
J'ai lu - Bérézina - de Sylvain Tesson
La Bérézina est souvent synonyme de défaite, de débâcle, elle fut pourtant un véritable carnage pour les russes qui y trouvèrent la mort en plus grand nombre que les français.
Sylvain Tesson et ses acolytes : deux reporters Goisque et Gras ont lu plein de livres sur la campagne napoléonienne et décident de refaire l' itinéraire Moscou/Paris de cette retraite en side car accompagnés de deux amis russes avec drapeau et bicorne.
Dans chaque ville traversée de Borodino, Wiazma, Smolensk, Borissov, Vilnius, on partage l'Histoire et avec elle le froid, la faim, la peur, des parallèles frappants avec les hussards qui ont dû affronter l'incendie, la noyade, la faim, le froid et le souvenir de l'horreur de ces chevaux qu'on dépeçait vivants. Une question philosophique sur le courage d'hier et d'aujourd'hui.
En 1812, on croisait fréquemment la mort et on avait le sens de l'honneur de de la patrie à l'inverse de l'agrégat d'individus égoïstes qui ne partagent plus grand chose aujourd'hui.
Il fait moins 17 dans l'Oural et comme Napoléon, la folle équipée prend des risques extrêmes. Napoléon s'est souvent entêté en prenant des risques inconsidérés sans écouter les réticences de Caulaincourt .
Comme la grande Armée, l'équipe est parfois mise en déroute, les russes qui doivent les accompagner et qui ont les changes vestimentaires et la nourriture ont du retard, l'équipe est seule, perdue et presque affamée, heureusement, ils ont des litres de vodka. Le side car affronte les intempéries et les hommes se souviennent que les chevaux glissaient sur le gel car non ferrés lorsque le side car russe- l'Oural- qui roule à 80kms/h est frôlé par des camions russes et risque de verser régulièrement.
Sylvain Tesson signe un très bon livre où de victoires en victoires on s'achemine vers un cauchemar. J'en suis restée assez pantelante.
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