La mauvaise joueuse Victor Jestin
LA MAUVAISE JOUEUSE – Victor JESTIN
Maud est une ancienne joueuse
On l’imagine dans des addictions aux casinos, sur des champs de courses… Pas du tout. Elle, depuis toute petite, a aimé le jeu, a voulu être la gagnante, aux billes, au ballon, à chat perché à cache-cache…. De plus, elle se montre très mauvaise perdante.
Son père a joué avec elle, l’a bien entraînée : Monopoly, jeux de cartes et autres jeux de société, puis les échecs, le bowling, la pétanque.
Mais Maud ne joue plus, elle travaille, elle a épousé Yann, tout va bien, sauf qu’ un soir, en rentrant de son travail, sans savoir comment cela a pu se produire, elle accroche sa voiture sur l’autoroute. Quel est l’obstacle ? Objet perdu, animal, humain ? Elle ne veut pas savoir, elle laisse sa voiture et s’enfuit à travers champs, malgré l’attention de personnes compatissantes en constatant son état de choc.
Ce choc justement va la faire vriller, réveiller en elle le démon du jeu.
De quoi a-t-elle peur ?
Alors commence une errance dans les quartiers de sa ville, puis dans le village de son enfance, à la recherche des sensations perdues. Elle va alors faire des parties de jeu de fléchettes dans un bar où elle avait ses habitudes, jouer au ballon avec un jeune garçon, puis avec son père à la console, faire des parties d’échecs dans un autre bar, s’incruster avec des joueurs dans un bowling… puis arriver chez son père… est-ce la fin de cette course folle, le retour à une conscience d’adulte?
On l’espère, mais Maud est-elle assez forte pour maîtriser à nouveau cette addiction infernale ?
Avec ce road -trip haletant et désespérant, l’auteur interroge sur notre époque où le jeu peut prendre la place de la réalité, pour la création d’un monde parallèle, le vertige de la victoire où les humains peuvent se perdre dans la folie et jusqu’à la mort.
Inquiétant, glaçant, cherche-t-on dans le jeu l'adrénaline qui manque à nos vies, j'avais un ami qui a dû divorcer de son épouse qui jouait tous les jours en mettant leur situation financière en grave danger ? Mais comment ne pas y voir une part, trop réelle cette fois, de notre monde moderne ?
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Les piliers de la mer Sylvain Tesson
Les piliers de la mer Sylvain Tesson
Vous avez peut-être regardé hier soir le film -Sur les chemins noirs -, récit du voyage où l'écrivain Sylvain Tesson se reconstruit en marchant après son grave accident. -Il a bu un peu trop et est tombé du toit.
Encore en rééducation, il décide de se lancer en solitaire sur les sentiers désertés de la France. Ses pieds, ses jambes le font souffrir, son corps regimbe, sa tête également, il vient de perdre sa mère, mais comme dit mon amie Dominique -le mouvement, c'est la vie Dépassement de soi et méditation.
Difficile d'être un explorateur aujourd'hui, tout a été découvert, l'aventurier Sylvain Tesson, dans ce nouveau roman, les piliers de la mer, visite les piliers d'érosion du recul des côtes.
Les oiseaux le regardent, l'ascension de ces stacks est souvent interdite, mais quel plaisir pour l'auteur de se hisser sur ces piliers rocheux, des petits bouts de terre ou de roches encore sauvages séparés du littoral par l'érosion.
Méditations dans ces nouvelles cathédrales, poésie, réflexions sur le monde...
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L'homme sous l'orage Gaëlle Nohant
L'homme sous l'orage Gaëlle Nohant
L’intrigue se déroule dans les Pyrénées-Orientales au cours de l’hiver 1917.
Un soir d’orage, Théodore, déserteur se présente au château de l’Esparre pour demander refuge. Il connaît Isaure, la propriétaire du domaine viticole pour qui il a déjà travaillé et réalisé le portrait puisqu’il est peintre.
Le patriotisme est au plus fort, ancré dans le cœur de chacun et chacune, pas de place pour le doute, le devoir avant tout, malgré les pertes énormes de millions d’hommes sacrifiés pour garder la liberté de la patrie.
Isaure, a reconnu Théodore, mais horrifiée chasse ce déserteur, pensant à son mari et à son fils qui accomplissent leur devoir sur le front. Isaure qui avait mené une existence mondaine remplace son mari à la tête du domaine qu’elle mène de main de maître avec l’aide d’un réfugié espagnol, son maître de chais.
La fille d’Isaure, Rosalie, 19 ans, a tout entendu et tard dans la soirée cache Théodore dans le grenier. Une histoire d’amour naîtra évidemment entre la jeune fille et le peintre. Marthe, la bonne, profite de la situation quand elle découvre par hasard Théodore, elle fait chanter Rosalie.
Les gendarmes recherchent les déserteurs de plus en plus nombreux après la bataille de Verdun et de La Somme, ils bloquent les routes vers l’Espagne, et fusillent ceux qui tombent entre leurs mains.
Rosalie est infirmière bénévole à l’hôpital et les confidences des blessés qu’elle soigne vont lui faire toucher du doigt l’ambivalence de ces hommes qui ont fui et qui pourtant ne sont pas que lâches.
Il leur a fallu tellement de souffrances morales et physiques pour prendre une telle décision.
Théodore et Rosalie s’apprivoisent, s’aiment, Théodore retrouve le goût de peindre, mais que peut être l’avenir pour ces deux personnes que tout sépare ?
Le début de ce roman est un peu simpliste, fleur bleue, mais au fil des pages l’histoire prend corps, s’épaissit et se transforme en une fine analyse de sentiments.
Bien sûr Isaure sera scandalisée lorsqu’elle découvrira la situation alors qu’elle œuvrait pour marier sa fille à un veuf. L’union pourra-t-elle se réaliser ?
La guerre sert de toile de fond, mais n’est pas vraiment décrite. Gaëlle Nohant s’est attachée à décrire la condition des femmes à cette époque et leurs aspirations pour leur vie future. Les notions de courage et d’honneur sont abordées sous plusieurs angles. Aux portes de leur émancipation et de leur indépendance. La cage vient juste de s’ouvrir, le plus dur est d’avancer et de prendre son envol sans se retourner, car la guerre finie et les hommes de retour, trouvent normal de renvoyer leurs femmes dans leurs cuisines, et à leur rôle d'enfanter.
L’histoire se lit facilement ; le style est toujours agréable, mais l’intrigue proprement dite est assez convenue.
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La messagère du Nouveau Monde Annie Degroote
La messagère du Nouveau Monde : Annie Degroote
Basé sur des faits historiques méconnus, ce roman - La Messagère du Nouveau Monde- retrace l'odyssée extraordinaire des premiers pionniers qui traverseront les mers, ce sont des réfugiés wallons (nord de la France et Wallonie actuels) puis flamands pour établir une colonie dans le Nouveau Monde et créer l’île de Manhattan. 57 familles wallonnes s'adressent à la Virginia-company qui gère Jamestown.
Cette première colonie sera mandatée par la compagnie néerlandaise des Indes occidentales.
Les prêches des calvinistes séduisent dans les campagnes, ils seront poursuivis par les membres de la Toison d'or. (Duc d'Albe)
Du Nord de la France, exil forcé pour ces pionniers qui fuient les guerres de religion et atterrissent en Hollande puis bravent les mers pour aller vers la terre des promesses.
L'attente des nouvelles de ces membres est longue pour leur famille, Angela aimerait rejoindre son oncle pour écrire son propre destin.
Son grand-père, visionnaire devin, lui a assuré qu'elle irait, mais ce n' est pas une partie facile pour une femme, Angela partira en 1637 avec son petit cousin Simon sur le navire de l'armateur Joris Van Der Mar, qui se montre très pressant avec elle, le voyage est éprouvant, mal de mer, Gulf Stream, flibustiers, marchands d'esclaves, tentative de viol.
La famille d'Angela a déménagé dans la baie des Wallons une île aux nombreuses collines : Manna-hata
Pierre Minuit, très respectueux des Amérindiens et fils de calvinistes wallons, est nommé gouverneur de ce territoire acheté aux -Manhattes pour quelques colifichets. De nombreux immigrants wallons s'installent dans la Waal Straat (néerlandais) qui deviendra Wall Street.
Nieuw Amsterdam deviendra New York, les différentes puissances européennes se partageront le Nouveau Monde.
Une partie se déroule de nos jours avec Billie qui est à New Paltz dans l'état de New York, sa rencontre avec Mohegan, d'origine amérindienne qui possède un ancien manuscrit. La famille de Isha et Salomé part sur les traces de leurs ancêtres en Europe.
Un roman addictif par ses personnages à la vie compliquée et toute cette découverte d'un pan de notre histoire.
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L'œuvre de sa vie : Bérénice Vessot
L’ŒUVRE DE SA VIE
Bérénice Vessot
Un message fort avec un hommage aux droits des femmes et des soldats mutilés.
Étudiante en lettres, Zoé choisit pour son mémoire de fin d’études de se consacrer à l’œuvre de Philippe de Boisière. Elle persiste dans cette idée malgré la mise en garde de son professeur qui considère que le sujet manque d’intérêt.
L’intrigue du livre de Philippe de Boisière publié en 1921, « La Parenthèse de nos Vies », se déroule pendant la Première Guerre mondiale et retrace le parcours de sa femme Aurore qui, malgré son interdiction formelle, devient marraine de guerre aux Hospices Civils de Beaune en 1917.
Au cours de ses interventions, elle a fait la promesse à un soldat, Émile, de rédiger un roman afin de perpétuer la mémoire des soldats rencontrés en tant que marraine de guerre. Et bien sûr, tout particulièrement celle d’Émile.
Lorsque Aurore évoque son projet d’écriture auprès de son mari, il se moque d’elle et la traite avec mépris. Tout au long du livre, l'épouse est traitée comme un sujet de seconde zone qui doit obéir à son mari, son rôle unique étant d’assurer la descendance et l’intendance.
En 2023 , Zoé se penche donc sur cette œuvre ; c’est en outre l’occasion pour elle de retrouver un ancien compagnon de jeu, Aurélien, fréquenté, lorsqu’elle séjournait chez sa grand-mère. La rencontre avec Aurélien est déterminante dans sa quête aux informations sur Philippe de Boisière. Elle fera d’étranges découvertes qui l’aideront à terminer son mémoire de fin d’études.
Le roman de Bérénice Vessot fait vivre deux femmes tenaces à pratiquement un siècle de différence. Y sont abordés les thèmes de l’amour, de la place des femmes et leur difficulté à exister dans le domaine de la littérature et de l’édition.
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La prisonnière du roi Gilbert Bordes
La prisonnière du roi
Gilbert Bordes Éditions Audiolib
Une histoire méconnue pour ma part.
Ce roman historique prend pour toile de fond un long épisode tragique de la vie d'Ingeburge.
Une union arrangée par les conseillers du roi Philippe Auguste pour lutter contre les anglais.
Ingeburge est une princesse danoise de très grande beauté, elle épouse le roi en août 1193.
Sans doute, entre faits réels et fictifs, car le roi a fait un cauchemar avec la présence d'une femme représentant la mort ou le danger. Lors de sa nuit de noces, il reconnaît le visage ensorcelant de son cauchemar.
Dès le lendemain, le roi la répudie et la place sous la protection de Guilhem de Ventadour, chevalier qui n'est pas impressionné par le roi qu'il a sauvé à deux reprises.
J'ai été happée par la vie cauchemardesque de cette reine de France, enfermée dans différents couvents.
Son protecteur Ventadour manie aussi bien l'épée que la vielle, Ingeburge est sous le charme, mais reste fidèle au roi.
Le pape s'en mêle et exige le retour de l'épouse auprès du roi qui refuse et se marie avec Agnès de Méranie.
Le pape le proclame bigame. À la mort d'Agnès, Ingeburge reviendra près du roi, qui la fera de nouveau enfermer treize années à Étampes où elle sera maltraitée et malade sans doute empoisonnée.
Guilhem est toujours présent et il enlèvera la reine afin de lui éviter la mort.
Une évasion de courte durée. Guilhem échappera au billot et sera enfermé dans un monastère.
Est-ce que l'histoire d'amour entre la reine et Guilhem est fictive ?
Ingeburge reprendra sa place de reine sans toutefois partager la couche du roi.
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