Miroir de nos peines Pierre Lemaitre
Miroir de nos peines Pierre Lemaître
Une très belle saga dont on ne cesse de parler.
Ne faites pas comme moi, respectez bien l'ordre, j'avais lu -Au revoir là Haut et Couleurs de l'incendie- mais sauté -Miroir de nos peines-, j'ai dû le reprendre alors que j'étais bien avancée dans -Le Grand Monde-. Il faut en effet plonger dans le passé pour comprendre.
C'est que le compteur du temps ne s’arrête pas et les destins se croisent.
Dans Miroir de nos peines, on découvre Louise et le Docteur Thirion, Raoul Landrade le débrouillard tricheur, Gabriel le sergent chef respectueux, (Tous deux à la défense du fort Hackenberg de la ligne Maginot) Fernand, garde mobile, Monsieur Jules et Désiré mystificateur plutôt doué pour exercer autant de métiers
Une armée parfois digne de celle de -Mais où est donc passé la septième compagnie- Secrets de famille, mystère et humour.
Je vous parlerai de la famille Pelletier du Grand Monde ultérieurement.
/image%2F0564554%2F20230223%2Fob_8dfe97_miroir-de-nos-peines.jpg)
Paradis sur mesure Bernard Werber
Un excellent moment de lecture.
Des idées portées au paroxysme, atypiques mais bien pensées.
De quoi réjouir les zygomatiques. Une lecture détente.
Bernard Werber imagine des mondes post-apocalypse ou post-nuke, une dystopie qui fait sourire et non flipper.
Imaginons un monde où le coït se fleurit, où il devient interdit de polluer sous peine de mort, où le passé devient invisible, et où un bouclier anti-nucléaire a été inventé. .
Des questions métaphysiques importantes qui portent bien lorsqu'elles sont présentées avec humour.
Il réinvente le genre, des sites de coparentalité, un monde de femmes et des humains stériles...
/image%2F0564554%2F20230222%2Fob_74c330_41jvcdpjnzl-sx307-bo1-204-203-200.jpg)
Dahlia Delphine Bertholon
DAHLIA – Delphine BERTHOLON – Flammarion
L’adolescence est la période de tous les excès… moment dangereux où la réalité et l’imagination se livrent une guerre sans merci. Envie d’être libre, reconnue, assurée, et le sentiment d’être imprégnée du manque de confiance en soi, du doute, de la peur, le corps grandit, se transforme, enfant dans l’enveloppe d’une jeune fille.
C’est sans doute à toutes ces contradictions qu’a répondu Dahlia, mal dans sa peau, jalouse de l’attention que ses parents portent à ses petits frères jumeaux, tandis qu’elle se sent oubliée
Elle n’a qu’une amie, Lettie (Laetitia) qui vit dans un mobil home, avec sa maman, infirmière, dans le Sud de la France.
Lettie n’est ni heureuse ni malheureuse, juste un peu honteuse par rapport à ses camarades, elle ne sait rien de son père, et sa grande crainte est de passer à leurs yeux pour des « gens du voyage »….
Elle envie Dahlia qui vit certes dans une maison modeste mais c'est du dur, pas une caravane.
Et comble du bonheur pour Lettie, Dahlia a une mère et deux adorables et turbulents frères jumeaux mais surtout un vrai père, routier, qui, quand il est chez lui, la raccompagne gentiment jusqu’à l’entrée du camping, sauf les soirs où elle reste pour dormir, heureuse comme toutes les adolescentes de 14 ans de ce semblant d’autonomie…
Chacun envie l’autre, à l’une sa tranquillité, à l’autre sa famille normale…
Mais le monde de Lettie vole en éclats le jour où Dahlia lui révèle à l'oreille, un terrible secret, lui faisant jurer le silence absolu, son père pratique sur elle des attouchements sexuels… La machine infernale est en route… Lettie se tait quelques temps, puis se confie à sa mère en lui recommandant le secret.. Mais on dirait que cela réveille des souvenirs chez sa mère qui, malgré les efforts désespérés de Lettie, se précipite au Collège avertir la directrice.
L’engrenage est lancé.
Dahlia est enlevée à sa famille, le père emprisonné, Lettie détruite par le manque de parole de sa mère…
On la retrouve des années plus tard, mère d’une petite fille d’un amant de passage, seule cette petite Mina, son soleil la retient à la vie.
Scénariste, elle n’a pas vraiment envie de percer dans cette profession, le drame de son enfance ne quitte pas son esprit, des souvenirs la gênent, des choses qui ne collent pas, qu’elle a essayé de mettre en mots, de dire au procès, Mais on l'a parfois muselée et on lui lui a interdit de dire certaines choses… Et si Dahlia avait menti ? Où est la vérité ? L’absence de Mina, partie en vacances avec son père va permettre à Lettie de se lancer à la recherche de son passé et de Dahlia.
Un beau livre sur la parole adolescente, sur la lecture des événements par les adultes, sur les terribles erreurs commises en toute bonne foi…
La treizième heure Emmanuelle Bayamak-Tam
La treizième heure de Emmanuelle Bayamak Tam
Pas facile de bousculer ses certitudes et beaucoup de lecteurs ont repoussé ce roman.
Un sujet à polémiques qui fait pourtant souffrir beaucoup de jeunes.
Trans-identité, secte, avenir de la planète, pollution.
On pénètre au cœur d'une secte, Église inclusive et queer.
Mani, la grand mère a aimé Tind, Elles ont vécu dans la Médina de Ghardaïa, pour Tind, il ne reste que le paradis de cette enfance en Algérie. Mais sa mère la donne à sa sœur. Le reste n 'est que souffrance avec une pause rassurante auprès de Lenny.
Sheriff sait qu'il est une fille.
*
Farah la fille de Lenny, directeur de cette secte aime son père mais analyse et décortique ce qui se passe au cœur de cette secte de la 13e heure.
Les membres y sont libres et attendent l'apocalypse. Des personnes blessées, traumatisées qui craignent les épidémies, l'esclavage féminin dans le mariage arrangé et chantent et dansent dans un lieu protecteur.
Farah est en réflexion sur son identité, reconnue de sexe masculin à la naissance alors qu'elle se sent fille, elle a 16 ans, peu de poitrine et toujours pas ses règles.
Avide d'informations, elle va interroger son père qui élude certaines réponses.
Qui est sa mère ?
Hind si belle et pourtant singulière qui vient de réapparaître ?
Sophie membre de la secte, très amoureuse de Lenny ?
Hind va prendre la parole et expliquer son amour pour Sélim.
D'autres secrets que je ne vais pas spoiler assemblent les éléments du puzzle par petites touches.
Humour, émotions, beaucoup de sujets traités.
/image%2F0564554%2F20230220%2Fob_260424_413qy2jpupl.jpg)
Beyrouth sur Seine Sabyl Ghoussoub
Beyrouth sur Seine Sabyl Ghoussoub
Sabyl Ghoussoub , auteur franco-libanais, nous revient dans ce dernier livre, Goncourt des Lycéens 2022 sur sa quête d'identité.
Il ose interroger ses parents qui ont quitté le Liban pour Paris en septembre 1975 pour deux ans. le père voulait passer son doctorat de théâtre et de langue arabe à la Sorbonne. Mais c'est la veille de la guerre au Liban, ils n'y retourneront plus y vivre. Ainsi l'auteur naîtra à Paris, mais il dit -Je suis né à Beyrouth dans une rue à Paris-
L'auteur journaliste franco-libanais Sabyl Ghoussoub, veut interviewer ses parents Kaïssar et Hanane. C 'est toujours un peu flou avec eux. L'auteur ose donc les questionner différemment pour tenter de comprendre leurs réactions dissemblables, mais plus il se plonge dans leurs récits, moins, il comprend.
Une mère exilée et triste, attachée à sa famille même si le cousin ou l'oncle s'avère être un assassin, c'est qu'il est fort et il a bien fait.
Un père cultivé qui se fait à la vie parisienne ( Ambassade irakienne, centre culturel, Galerie d'art arabe. Fondation Ali Saleh tunisienne, poète, professeur, metteur en scène) même si de temps en temps au café du coin, il parle arabe un peu fort.
Certains lecteurs ont trouvé ce roman un peu fouillis, il est vrai que dans une guerre, il n'y a pas toujours des gentils et des méchants.
En effet, une histoire pas si facile à comprendre. Qui sont les belligérants ? La vie libanaise continue car il y a WhatsApp pour avoir des nouvelles des membres de la famille restée au Liban.
Pourquoi ont-ils quitté réellement leur pays, pourquoi la mère a eu envie d'y retourner mais a peur quand son fils y est.
Un puzzle qui nous raconte la guerre au Proche- Orient qui a des répercussions en France avec des attentats. Assassinats, tentatives 1975 en France Septembre noir 1986, beaucoup d'explosions.
Cela m'a fait pensé à la guerre en Ex-Yougoslavie avec ses à priori, ses mensonges, ses espions. Les fake-news avant l'heure.
Comme presque partout une lutte de pouvoirs dans un beau pays.
Guerre fratricide entre chrétiens, phalangistes, membres d'une même famille.
Qui utilise qui dans cette guerre, belligérants ? Hezbollah.
Tous les pays voisins s'en mêlent Irak, Iran, Libye, Syrie, Palestine, Israël.
Une peinture qui mêle un Liban fantasmé et aimé. élégance et chaos, malheurs de guerre et humour, sabotages et forces de vie, exil et recherche d'identité pour les descendants.
/image%2F0564554%2F20230219%2Fob_fa47e2_411d6nekvll-sx312-bo1-204-203-200.jpg)
Ma part de gaulois Magyd Cherfi
Lire c'est Comprendre l'autre
Ma part de gaulois Magyd Cherfi
Il ne faut pas avoir une mère qui vous colle aux basques quand on habite la banlieue et qu' on ne veut pas se faire insulter et même être battu.
Ce fils d'immigré ne connaît pas l’Algérie , il est né en France.
Le temps de sa petite enfance, molletonné par une mère inquiète, il aime les rois de France, Jésus, Noël et Pâques. Sorti de chez lui, c'est une autre histoire, tout est féroce,
C'est un jeune passionné par les jolis mots comme -éventuellement- qu'il glisse dans ses phrases. -Oh merde, c'est oui ou c'est non- rétorquent les copains.
Des jolis mots dont les autres se moquent.
-On s'en fout de l'école, on n 'est pas pédé- Tarlouze et le con de ta mère fusent régulièrement, il y a les caïds, les grands frères qui veillent sur leurs sœurs.
Il faut fermer sa braguette ou viser les françaises. Bigea et Momo ne veulent pas plier.
Le père du fils d'immigré râle après son patron, la société mais la mère ne voit pas d'autre issue pour son fils que d'avoir le baccalauréat, ensuite, il pourra lui demander tout ce qu'il veut.
Ils craignent l'arrivée de Mitterrand qui risque de les renvoyer au pays.
Magyd Cherfi est le premier bachelier de sa cité, chanteur, écrivain, acteur et membre du groupe Zebda.
/image%2F0564554%2F20230219%2Fob_d1f7e3_41ue5vgqp-l-sy291-bo1-204-203-200-ql4.jpg)
La sourde oreille Anne de Kinkelin
La sourde Oreille
Anne de Kinkelin
Joséphine Ikeda est née en France de parents japonais, ce qui explique son nom. Seule femme de la brigade dans un restaurant étoilé à Paris, elle est cheffe du rayon poissons.
Après avoir été présentée aux convives après le succès d’un dîner important, elle est violentée par son chef devant toute la brigade qui n’intervient pas, même lorsque le chef prononce son renvoi immédiat.
Joséphine n'ignore rien des codes masculins en cuisine. Elle est pourtant très choquée, et rentre avec difficultés chez elle. Le lendemain, elle se réveille sourde aux voix masculines. Elle jeune chef est donc coupée de la moitié de la population avec qui elle communique par écrit.
Avec Simone et Olympe, deux amies passionnées par la cuisine et exerçant dans ce milieu, elle réfléchit à sa vie. Elle se rend chez ses parents en Bretagne. Son père est lui-même à la tête d’un restaurant et sa mère travaille en cuisine dans la discrétion la plus totale. Au cours de ces retrouvailles Joséphine va découvrir la culture japonaise et les raisons de l’attitude de sa mère.
Aidée de ses amies, Joséphine retrouvera-t-elle l’ouïe, le goût de revenir dans le milieu de la gastronomie ? Pourra-t-elle obtenir réparation vis-à-vis de son ancien chef ?
/image%2F0564554%2F20230219%2Fob_9aca41_51-3l-2pxkl-sy344-bo1-204-203-200-1.jpg)
J’ai été très intéressée par ce roman qui dévoile une part plus ou moins cachée de la violence et du sexisme régnant dans les cuisines.
Assemblée générale de l'Association
Les amis de la Bibliothèque du Bassin d'Annonay
Immatriculation 1825 SP de Tournon Modification 2010 : W073000824
ORDRE DU JOUR AG 18 MARS 2023
10h30 Bibliothèque St Exupéry
Rapport Moral
Rapport Financier
Prévisions 2024
Questions diverses
Ceci n 'est pas un fait divers Philippe Besson
Ceci n 'est pas un fait divers.
Philippe Besson
L'écriture sobre et délicate de Philippe Besson autopsie ce qui pourrait n'être qu'un article de presse.
On entend régulièrement parler de féminicides, cette violence banale ne nous touche pas forcément ou tout au moins, elle nous effleure de loin.
Parce qu'il est un auteur sensible, il s'approche de ce drame par la voix du fils aîné.
Léa 13 ans téléphone à son frère aîné « Papa a tué maman »
Une phrase courte pour un véritable tsunami qui va balayer la vie des deux jeunes gens. En plus de cette peine d'avoir perdu leurs parents, ils vont glisser dans un véritable cauchemar, Léa est témoin de l'acte mais est mineure, il faut aller à la gendarmerie, à la morgue, ils ne peuvent plus approcher leur maison devenue scène de crime et cela pendant un an.
Une écriture claire, pleine de pudeur se glisse dans la peau du frère aîné qui, par petites touches va comprendre ce que sa sœur a vu.
Ce frère rongé par la culpabilité ; il s'était éloigné pour vivre sa passion de danseur s'interroge avec maturité sur ce qui aurait pu être évité, il touche du doigt ce que sa sœur a vécu avec la lente métamorphose de sa mère.
A la lueur de l'événement, ils se repassent tous les détails.
Et pourtant, cet homme est leur père. D'ailleurs, il exige de les voir à la prison.
Qui est coupable, qui est responsable ?
Ce drame est tragique.
Le roman est passionnant et l'écriture si limpide nous immerge dans ce traumatisme, Parvient on un jour à se reconstruire après un parcours aussi douloureux?
Bravo Philippe Besson
/image%2F0564554%2F20230218%2Fob_90d8fa_71txjduzwsl-ac-ul320.jpg)
Les sources Marie Hélène Lafon
Les sources Marie Hélène Lafon
La Santoire coule dans presque tous les romans et sans doute les veines de Marie-Hélène Lafon, est-ce pour cela qu'elle nomme son roman, les sources ?
Un roman à trois voix, 1967, une femme de condition paysanne qui tient à son rang de patronne de la ferme achetée avec son mari.
Cette femme d'à peine 30 ans ne s'appartient plus, elle a trois jeunes enfants et n 'arrête pas une minute mais pour l'homme, elle n'en fait jamais assez.
La romancière ne lui donne pas de prénom, quasiment pas d'existence non plus. Une femme vite oubliée.
Un quotidien de violences conjugales physiques et morales.
Un rapport de force avec Pierre, le père, celui qui décide, et qui va nous donner son avis sur cette femme qui a osé quitter la maison avec ses enfants.
En troisième partie Claire la fille revient aux sources.
Un roman sobre comme le souhaite la romancière dont le rêve est d'écrire comme Pierre Michon.
Une écriture juste, agréable mais à vouloir être dans la perfection littéraire, elle restreint l'histoire et j'aurais aimé une réflexion plus approfondie, quelques pages de plus. que 117 pages à 16,50 €.
Deviendrait elle taiseuse comme ses personnages?
/image%2F0564554%2F20230218%2Fob_ca8c48_41cabgjkeml-sy291-bo1-204-203-200-ql4.jpg)