Tram 83 de Fiston Mwanza Mujila
Pline l'Ancien nous recommande la revue- Que lire-
puis nous lit quelques pages de Tram 83 de Fiston Mwanza Mujila originaire du Congo.
Ce tram est un café bordel, il y transite une population un peu folle mais bien vivante avec ses magouilles, ses amateurs de chair fraîche, ses mensonges.
Ce premier roman est sinistre du début à la fin avec un style vigoureux, et une impression poétique d'écriture neuve pétrie de slam et d'optimisme.
L’Académie française
Grand Prix du Roman de L’Académie française à Adrien Bosc
Dans sa séance du jeudi 30 octobre 2014, l'Académie française a décerné son Grand Prix du Roman, d’un montant de 7 500 euros, à M. Adrien Bosc, pour son roman -Constellation-. M. Adrien Bosc a obtenu, au 3e tour de scrutin, 10 voix contre 7 voix à M. Mathias Menegoz et 1 voix à Mme Minh Tran Huy.
~~Le 27 octobre 1949, le nouvel avion d'Air France, le Constellation, lancé par l'extravagant M. Howard Hughes, accueille trente-sept passagers. Le 28 octobre, l'avion ne répond plus à la tour de contrôle. Il a disparu en descendant sur l'île Santa Maria, dans l'archipel des Açores. Aucun survivant. La question que pose Adrien Bosc dans cet ambitieux premier roman n'est pas tant comment, mais pourquoi? Quel est l'enchaînement d'infimes causalités qui, mises bout à bout, ont précipité l'avion vers le mont Redondo? Quel est le hasard objectif, notion chère aux surréalistes, qui rend "nécessaire" ce tombeau d'acier? Et qui sont les passagers? Si l'on connaît Marcel Cerdan, l'amant boxeur d'Edith Piaf, si l'on se souvient de cette musicienne prodige que fut Ginette Neveu, dont une partie du violon sera retrouvée des années après, l'auteur lie les destins entre eux. "Entendre les morts, écrire leur légende minuscule et offrir à quarante huit hommes et femmes, comme autant de constellations, vie et récit."
Attendons ce soir
Le Grand prix du roman de l'Académie française, disputé par trois finalistes, ouvre le bal ce jour des prix littéraires, un marathon unique au monde d'où se détache le plus prestigieux et convoité de tous, le Goncourt. Cette année, la saison est particulièrement condensée. Le Femina et le Médicis, qui couronnent chacun un roman français, un étranger et un essai, seront attribués respectivement les 3 et 4 novembre avant le Goncourt et le Renaudot, décernés le 5 novembre. Suivront le prix Décembre le 6, l'Interallié le 10 et le prix de Flore, le 13.
Meursault, Contre-enquête
Un Vieil homme nommé Haroun monologue dans un café d’Oran, il prétend être le frère de l’Arabe abattu de 5 balles sur une plage déserte en 1942 par Meursault .
Il veut relater sa propre version des faits, raconter l’envers du décor, rendre son nom à son frère Moussa qui n’est jamais nommé dans le roman de Camus.
Très jeune au moment où son frère est tué, il vit une enfance difficile sous le poids de sa mère oppressante qui l’emmène errer dans la ville d’Alger à la recherche du cadavre de son fils qui n’a jamais été retrouvé.
Au fil des années, elle en fait un héros avec lequel ils vivent au quotidien. Ils s’installent ensuite à Hadjout où sa mère a trouvé du travail comme femme de ménage, ils vivent dans une misérable dépendance de la maison des colons.
Au moment de la libération le propriétaire s’enfuit, ils s’installent alors dans la maison. Les premiers jours de l’indépendance Haroun tue un colon qui venait se cacher, ce qui va bouleverser sa vie, il s’identifie alors à Meursault le meurtrier de son frère. Il est arrêté, interrogé puis libéré sans procès.
Un jour il fait la connaissance d’une jeune femme Mériem qui fait des recherches pour écrire un livre sur l’assassin de son frère, elle va lui apprendre à lire le français et il va enfin lire -l’Etranger. Toute sa vie sera perturbée et se déroulera dans l’ombre de ce frère, en ressassant toujours les mêmes questions : Comment et pourquoi s’est-il retrouvé sur cette plage ?
Certains critiques parlent de réécriture, de détournement de -l’Etranger-, le roman a exactement le même nombre de signes, l’auteur fait constamment référence au texte de Camus, il y a une confusion entre le narrateur et l’auteur, Meursault et Camus. Il emprunte des citations mises entre guillemets. L’histoire se déroule dans un bar, et commence par
« aujourd’hui Mma est encore vivante ». Il évoque en filigrane l’histoire de l’Algérie depuis l’Indépendance, la situation des femmes dans la société algérienne, la soumission à la religion et à ses intolérances. C’est un livre surprenant et percutant, très dense, un très beau roman qui a reçu le prix Francois Mauriac, le prix des cinq continents, et qui est sélectionné pour le prix Goncourt et le prix Renaudot.
Féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres
Le 13 octobre dernier, l'Académie française est intervenue, en publiant un document sur le sujet de la féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres. Elle y précise d'emblée qu'elle n'est nullement opposée à la féminisation des noms de métiers, en notant qu'« éditrice » a fait son entrée en 1935 dans la 8e édition du Dictionnaire. Mais, conformément à sa mission, défendant l'esprit de la langue et les règles qui président à l'enrichissement du vocabulaire, elle rejette un esprit de système qui tend à imposer, parfois contre le vœu des intéressées, des formes telles que professeure, recteure, sapeuse-pompière, auteure, ingénieure, procureure, etc., pour ne rien dire de chercheure, qui sont contraires aux règles ordinaires de dérivation et constituent de véritables barbarismes. Le français ne dispose pas d'un suffixe unique permettant de féminiser automatiquement les substantifs.
La vie à côté de Mariapia VELADIANO
Marie de Valières a lu La vie à côté de Mariapia VELADIANO – La Cosmopolite –STOCK Traduit de l’Italien.
Rebecca est née laide, une laideur particulièrement repoussante.
Depuis sa naissance, sa mère, qui s’habillait de bleu et de vert, est revêtue de noir, et ne quitte plus sa chambre. La petite fille a pris l’habitude de se faire discrète, passe furtivement dans les couloirs, se tait… Seule sa tante Erminia, la sœur jumelle de son père, pianiste, refuse de la cacher, mais pas au point de la montrer en pleine journée dans la rue. Elles ne sortent que le soir. Parmi les quelques personnes qui s’attachent à elle se trouve aussi Maddalena, une domestique embauchée après la mort de son mari et de ses deux enfants, elle passe son temps à pleurer, mais elle est une personne de bon sens et aidera la petite fille à se construire.
Tout se complique à l’âge de la scolarisation. Son père refuse d’engager des précepteurs et fait entrer la petite fille à l’école. Elle s’attend à des moqueries, or, à sa grande surprise, elle se fait tout de suite une amie fidèle Luccila. Comme Rebecca montre des dons pour le piano, Erminia se fait professeur, puis passe le relais au Maestro De Lellis. Grâce à ces personnes Rébecca va se construire une vie. Elle comprend qu’elle ne pourra jamais être comme les autres, au milieu des autres. Mais il n’y a pas de colère dans son cœur pas de rancune envers les gens, elle les comprend, accepte, sans haine, sans reproche, sans aigreur. Une belle âme qui ne connaît pas la méchanceté.
Grâce à la mère de son maître de piano, elle va peu à peu découvrir et aimer sa mère, et comprendre qu’elle n’est pas la cause de son suicide. Elle apprend à voir au-delà des apparences, à découvrir les mensonges, les non dits… Après une longue absence Luccila reviendra près d’elle. Rébecca est devenue compositrice de musique. Elle n’a jamais pu franchir le pas qui l’aurait menée de l’ombre à la lumière d'ine véritable concertiste. On ne saura jamais quelle était cette laideur, si repoussante, à peine évoque t-elle quelques opérations subies pour s’arranger un peu, on a rectifié son œil droit, enlevé du duvet sur son visage…Elle parle en quelques mots de sa bouche tordue, de ses yeux de guingois...
Récit de la vie d’une belle âme, dans une vilaine enveloppe, qui a su trouver sa place sans regret dans un monde qui n’était pas prêt à la recevoir, du moins l’a-t-elle cru.
NOS ETOILES CONTRAIRES de John GREEN
Marie de Valières a lu NOS ETOILES CONTRAIRES de John GREEN
Écoutons la
-J’ai refermé ce livre complètement bouleversée. J’aurai pu être déprimée, triste, et c’est pourtant un mélange de joie, d’espoir et de regret qui m’habitait. Comment en être autrement quand les adolescents de cette histoire, tous atteints de cancer à différents stades nous donnent une si belle leçon de vie ?
Malades, eux ? En sursis ? Condamnés ? En souffrance ? Oui.
Mais ils sont en vie avec leurs envies, leurs projets. Adeptes de l’humour – des plaisanteries macabres sur leur maladie, leurs blagues de potaches … Comme tous les ados du monde.
Leur temps est compté mais ils ne sont pas dans l’urgence, ils commencent de grandes histoires d’amour, cherchent à réaliser leurs coups de cœur. Certains de leurs amis meurent, font des récidives, se retrouvent un peu plus mutilés après de nouvelles opérations, mais leur volonté de croquer la vie et leur adolescence est plus forte que tout.
Il me revient l’image de Hazel Grace, partant à ses rendez vous avec Augustus, tirant sa petite charrette qui contient sa bouteille à oxygène alors que Lui, en rémission d’un cancer des os. arrive en boitant. Ils se rencontrent dans un groupe de parole, se découvrent, sont heureux, s’aiment, font l’amour, et partent en voyage jusqu’au Pays Bas, malgré d’innombrables difficultés, pour rencontrer Peter VAN HOUTEN, un écrivain qui n’a écrit qu’un livre sur une adolescente atteinte d’un cancer. Grace le lit et le relit sans cesse. Elle se reconnaît dans le personnage de ce roman.
Ce malheureux écrivain a laissé trop de choses sans suite. Hazel Grace ne le supporte pas, elle veut qu’on lui raconte ce qui arrive à tous les personnages. Augustus va mettre ses dernières forces pour l’aider à réaliser son rêve…
Quand viendra l’inévitable séparation, c’est encore et toujours la sensation de vivre une belle vie qui prévaudra au milieu des larmes.
Merci à ma petite fille Emma pour m’avoir fait découvrir cette histoire. Je reprends les mots de son SMS : « C’est bizarre que tu puisses rigoler et la minute d’après pleurer ». C’est la vie Emma, tu as tout compris.










